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Nobuko
Matsumiya, maître de thé et Philippe Costa, auteur
Chanoyu
et chadō,
vue d'ensemble
Bref
historique
Le
zen selon ses maîtres
Chanoyu,
le spectacle
Extrait
de Chadō, roman en chantier de Philippe Costa
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sites et blogs d'Artistes Associés - Japon
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Au
Japon, l'importation du thé vert en poudre en
provenance de Chine commence vers la fin du XII-ième siècle.
Il obtient rapidement un franc succès chez les
aristocrates et parmi les moines zen. Ces derniers s'en
servent durant les séances de zazen pour lutter contre
le sommeil. Mais on l'utilise surtout comme remède à
des maux divers car il est très cher.
Sous
les shōguns
Ashikaga, au XIV-ième siècle, le macha est
cultivé au Japon et il est utilisé parmi les classes
citadines qui en font le
centre d’un jeu de société appelé tōcha.
Les joueurs doivent goûter plusieurs variétés de
macha et deviner leurs régions de production. Des prix
sont attribués aux gagnants. Ce jeu connaît une telle
vogue qu'il favorise le développement des plantations.
Dans la région de Kyōto,
celles des environs de ce qui était alors le village d'Uji
deviennent les plus
réputées. Elles le demeurent aujourd'hui.
Par
la suite, le tōcha
va évoluer. II ne s'agira plus de réunions ludiques,
mais où l'on appréciera des calligraphies, des céramiques,
des laques, des peintures, des poèmes chinois, etc. Cet
aspect des rencontres de thé favorisera aussi plus tard
l’essor du propre génie artistique japonais.
On peut dire que ce qui deviendra le chanoyu est
« la mère » de nombreux arts japonais, y
compris l’art des jardins, des bambous et
l'architecture, qu’elle soit intérieure ou extérieure.
Vers
la fin du XV-ième siècle, un prêtre zen nommé Shukō
Murata invente un premier rituel : le wabicha (thé
de la tranquillité). Les croyances sont alors
clairement mêlées à la pratique. Le wabicha est réputé
s’inspirer du bouddhisme zen, mais il emprunte aussi
aux cultes animistes de la nature, nommés par la suite
shintoïsme, et à leurs rites de
purification.
A
Osaka, durant la période de Momoyama (seconde moitié
du XVI-ième siècle), un riche marchand nommé
Sen-no-Rikyū
enseigne le wabicha au taikō
Toyotomi Hideyoshi, le véritable maître
du Japon de l'époque. Sen-no-Rikyū
codifie alors le chanoyu tel qu'il est toujours pratiqué
aujourd'hui. Il le dote surtout de ses trois
grands principes : wa (l’harmonie ou la paix), kei (le
respect) et sei (la pureté) qui doivent conduire à
jaku (la sérénité).
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Toyotomi
Hideyoshi |
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Sen-no-Rikyū |
| Mais
en 1591, Toyotomi
Hideyoshi ordonne à Sen-no-Rikyū
de se faire hara-kiri – pour des raisons d'ailleurs
obscures dont on ignore si elles sont liées ou non au
chanoyu.
Ce drame est le thème du fameux roman de
Yasushi Inoue (1907-1991), Le maître de thé,
dont deux films ont été tirés : Mort d’un
maître de thé et Rikyū. |

Wa,
kei sei, jaku |
Plusieurs
décennies après la mort de Sen-no-Rikyū,
pendant l’ère d’Edo (dynastie des shōguns
Tokugawa, 1603-1868), ses arrière-petits-fils
reprennent son héritage. Son enseignement se scinde
alors en trois écoles, toutes trois situées à Kyōto
dans la maison même de ses descendants. Et chacune de
ces trois écoles est dirigée par l'un des trois frères
: l'école Omotesenke qui signifie littéralement «
Maison de Sen de devant », l'école Urasenke, « Maison
de Sen de derrière » et l'école Mushanokōjisenke,
« Maison de Sen de Mushanokōji
» ou, en français : « Maison de Sen de la rue
des samurais ».
Ces
trois écoles demeurent aujourd’hui les plus réputées
du Japon. Et l'un des trois descendants directs de
Sen-no-Rikyū,
M. Sen Sōshitsu
Zabōsai, est
le grand maître de l'école Urasenke depuis 2002.
Il est aussi parent par alliance de l’empereur
Akihito. Il est connu des Japonais sous le nom de Sen Sōshitsu
XVI. Les grands maîtres
d'Omotesenke et de Mushanokōjisenke,
descendent eux aussi directement des deux autres arrière-petits-fils
de Sen-no-Rikyū.
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Sen-no-Rikyū
(1522-1591), ancêtre direct de Sen Sōshitsu
XVI et codificateur du chanoyu |
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Sen Sōshitsu
XVI, actuel grand maître d'Urasenke |
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