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Nobuko
Matsumiya, maître de thé et Philippe Costa, auteur
Chanoyu
et chadō,
vue d'ensemble
Bref
historique
Le
zen selon ses maîtres
Chanoyu,
le spectacle
Extrait
de Chadō, roman en chantier de Philippe Costa
Autres
sites et blogs d'Artistes Associés - Japon
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Ce
que les Occidentaux appellent « cérémonie du thé »
se nomme au Japon chanoyu. Le mot signifie littéralement
« eau chaude du thé ».
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Lors
d'un chanoyu, on sert un thé vert, le macha.
C'est un thé en poudre qui est battu, et non pas infusé.
Il
peut être épais (koicha) ou léger (usucha). |
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La
salle de thé (cha-shitsu) où se déroule un chanoyu
est traditionnellement un espace de recueillement
quasiment vide, mais il peut être aussi
le lieu d'exposition privilégié de divers arts
japonais.
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Depuis
le XVI-ième siècle, le chanoyu a été le
principal inspirateur et émulateur de la céramique, de
la calligraphie, de l'art du laque, du bambou, des jardins, de
l'architecture, intérieure et extérieure, ainsi que de
nombreux autres arts. |
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Avec le zen auquel il est intimement lié,
il est donc à l'origine même du génie artistique
national.
Mais
selon Kakuzo Okakura, le chanoyu est d’abord
« une méthode de réalisation personnelle »
(Le Livre du thé, 1906).
A l’origine, il a été pratiqué par les moines zen
et il continue de l’être aujourd’hui. On
le nomme alors chadō (voie du thé).
Au fil du temps, pour la plupart de ceux qui s'y
consacrent, le
chanoyu est devenu une pratique socio-culturelle
profane située au confluent de plusieurs arts
traditionnels. Mais du fait qu’à certaines époques
le chadō a été pratiqué par de grands samurais
parallèlement au bushidō (voie des guerriers) pour
se préparer au combat, il a aussi souvent été associé
à l’idéologie ultranationaliste de l’époque
moderne.
Contraste,
contradiction ou usage détourné du rituel ? Dans ses
principes mêmes, le chanoyu est censé apporter la sérénité
(jaku) et œuvrer pour l'harmonie et la paix (wa), mais
il a été utilisé pour se préparer à la guerre...
Par
son ouverture sur les arts et sur la nature, par son
esthétisme raffiné et la sérénité qu’il
procure, mais aussi par son formalisme, la précision et
l’extrême rigidité de ses codes, par son caractère
religieux ou philosophique pour certains,
essentiellement profane pour d'autres, et enfin par ce
qu'on peut
estimer sa tension entre la paix et la guerre et
somme toute par les étonnants contrastes qui lui sont
liés, le rituel du thé reflète très fidèlement
l’esprit japonais.
« Le
Japon est le pays où le contraire est vrai », écrivait
fort justement Robert Guillain, grand reporter de
l'Agence Havas au Japon pendant la Seconde Guerre
mondiale, puis correspondant permanent du Monde à Tōkyō.
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